De l’embargo au blocus étasunien contre Cuba : la révolution socialiste plie, mais ne rompt pas
Le peuple cubain et son gouvernement traversent actuellement l’un des moments les plus graves et périlleux depuis le début de la Révolution en 1959, comparables à – et peut-être pires que – ceux de ses tout premiers temps dans les années 1960 ou ceux de la « période spéciale » qui suivit la chute de l’URSS au début de la décennie 1990. En effet, depuis janvier 2026, en violation du droit international, l’approvisionnement de Cuba en pétrole est bloqué par les forces armées des États-Unis, sur ordre du président Donald Trump, lequel laisse même planer le risque d’une possible intervention militaire directe. Cette éventualité est d’autant plus crédible que l’US Navy dispose d’une base militaire dans la baie de Guantánamo, dans le sud-est de l’île, que Washington refuse de restituer et qui rappelle, telle une plaie qui ne cicatrise pas, un douloureux passé d’occupation néocoloniale par les États-Unis.
Le 29 janvier dernier, D. Trump a signé un décret présidentiel imposant unilatéralement un blocus énergétique contre Cuba et a menacé tout pays qui enfreindrait son diktat impérial de sanctions sous forme de droits de douane dissuasifs. Le prétexte invoqué est que Cuba, petit pays du Sud sans ressources naturelles qui subit déjà un embargo depuis plus de soixante ans, constituerait une menace pour la sécurité nationale des États-Unis – le pays militairement et monétairement le plus puissant du monde et qui demeure encore aujourd’hui l’hégémonie du système mondial capitaliste. Washington a d’ailleurs inscrit Cuba sur la liste des « États soutenant le terrorisme » – accusation que La Havane dément catégoriquement.
Ce blocus énergétique étasunien vise à infliger un maximum de souffrances à la population cubaine et à exacerber en son sein tensions et mécontentements. Le tout sur fond d’aggravation des difficultés de la vie quotidienne, d’épuisement physique et psychologique et d’inégalités accrues. Le but est de retourner l’opinion publique locale contre ce que les réactionnaires appellent le « régime communiste » (après l’avoir longtemps appelé la « dictature castriste »). L’objectif est donc de briser l’unité d’un peuple, de provoquer des heurts et des manifestations de rue, si possible violentes, à l’incitation d’une propagande haineuse orchestrée sur les réseaux sociaux. Également de déclencher une « répression », elle aussi espérée violente, de la part des autorités cubaines, afin de pouvoir justifier une intervention militaire des États-Unis, laquelle serait maquillée en opération « légitime » aux yeux de leurs alliés.
Cette nouvelle agression étasunienne contre Cuba arrive dans un contexte international des plus préoccupants. Les États-Unis – sans qui Israël serait peu de choses, et sans doute plus vulnérable encore que l’est Cuba aujourd’hui – soutiennent le Premier ministre Netanyahou, génocidaire à Gaza et présumé criminel de guerre par la Cour internationale de justice, dans sa politique colonialiste et ségrégationniste contre le peuple palestinien. Ils l’appuient aussi dans sa stratégie guerrière et expansionniste du « Grand Israël » : occupation partielle de la Syrie, bombardements du Yémen, du Qatar et du Liban, attaques contre des casques bleus de l’ONU, guerre contre l’Iran, notamment. Trump a par ailleurs affirmé vouloir s’emparer du Groenland et du canal de Panama, il a fait intervenir ses armées plusieurs fois hors du Moyen-Orient (au Nigéria et au Pakistan, notamment), a fait enlever et séquestrer le président du Venezuela Nicolas Maduro et a mis sous tutelle ce pays et l’accès à ses ressources naturelles. Il a aussi projeté d’implanter de nouvelles bases militaires en Amérique latine (en particulier au Pérou), a menacé d’envahir plusieurs pays (dont le Mexique) et de s’attaquer à divers chefs d’État en exercice. Parmi eux se trouve le président colombien Gustavo Petro, qui a fait savoir que, en tant qu’ancien guérillero, il s’y connaissait en guerre et se tenait prêt à reprendre les armes pour défendre sa patrie – réponse qui est probablement au nombre des seules susceptibles d’être comprises par Monsieur Trump.
Aux États-Unis même, la brutalité du sort réservé aux migrants, entre violences de l’US Immigration and Customs Enforcement (ICE) et expulsions impitoyables de sans-papiers (y compris des Cubains), plonge aujourd’hui le peuple étasunien dans une très profonde division. Insistons sur ce point : la situation intérieure aux États-Unis n’est pas bonne. Une nouvelle grave crise financière menace d’éclater ; les résultats économiques sont loin d’être aussi brillants que ce qui est généralement prétendu ; nombre d’indicateurs sociaux sont mauvais ; les inégalités continuent de s’accroître, la pauvreté de s’étendre, les homicides de se multiplier, les prisons de se remplir, le trafic de drogue de faire des ravages et la corruption de larges portions des « élites » de choquer par la gravité et l’ampleur des crimes commis. Sans oublier que les représentants de certains États fédérés (dont le Texas) envisagent même de faire sécession. En clair, et en bref, les États-Unis vont mal : leur société est en dégénérescence, leur capitalisme en crise, leur hégémonie en déclin. Et c’est précisément ce qui les rend toujours plus dangereux et destructeurs.
Quant à la communauté cubaine résidant sur le sol étasunien, elle est elle-même divisée, surtout en Floride, où elle est la plus nombreuse. Elle n’a apporté qu’un soutien fluctuant à Donald Trump lors des trois dernières élections présidentielles. Beaucoup d’immigrés, y compris ceux entrés légalement, vivent particulièrement mal cette récente hostilité de l’administration. Tous ou presque ont des proches – famille, amis, voisins – restés à Cuba qu’ils aident plus ou moins régulièrement par l’envoi d’argent. Aucun ou presque ne voudrait les voir périr sous les bombes ou lors d’une invasion étrangère. Accepteraient-ils d’ailleurs docilement cette éventualité ? Car la très grande majorité des Cubains ayant récemment émigré vers les États-Unis ont quitté l’île pour des raisons qui ne sont pas politiques mais économiques, lesquelles sont fondamentalement dues aux innombrables problèmes causés dans la vie quotidienne par plus d’un demi-siècle d’embargo étasunien. Et que dire des Cubains pro-Trump qui vivaient sur le sol étasunien et qui ont été expulsés ou qui ont vu des proches expulsés ces derniers mois par celui-là même en qui ils avaient placé leurs espoirs ? Pour eux, l’American Dream a viré au cauchemar.
Les importations de pétrole par Cuba ont donc été interrompues à partir de début janvier, juste après l’opération militaire éclair des États-Unis au Venezuela. Opération au cours de laquelle trente-deux gardes du corps cubains chargés de la sécurité du président Maduro ont perdu la vie dans les combats les opposant aux troupes spéciales de la Delta Force. Cependant, dès le mois de décembre 2025, les forces armées étasuniennes avaient reçu l’ordre d’intercepter les navires qui acheminaient des livraisons de combustibles du Venezuela à Cuba – des livraisons effectuées en vertu d’accords de coopération signés entre ces deux pays et remontant aux présidences de Fidel Castro et d’Hugo Chavez. Plus tôt, dès septembre, ces mêmes forces armées avaient déjà été chargées de détruire en mer des Caraïbes les embarcations soupçonnées de transporter des cargaisons clandestines de drogues à destination des États-Unis. Excité par l’esprit de vengeance réactionnaire de son Secrétaire d’État Marco Rubio (né à Miami dans une famille d’origine cubaine et lui-même hystériquement contre-révolutionnaire), Trump a multiplié les insultes et menaces à l’encontre de Cuba, jusqu’à lancer, avec toute l’arrogance qu’on lui connaît : « Cuba is next . » Traduction : Cuba est la prochaine cible de l’armée étatsunienne.
Les effets de ce blocus énergétique étasunien imposé contre Cuba sont immenses, et particulièrement durs. L’exploitation des ressources naturelles propres du pays (pétrole brut, gaz associé, énergies renouvelables) ne couvrant que la moitié environ des besoins domestiques en énergie, les capacités d’offre d’électricité des infrastructures nationales sont fortement altérées, faute de combustibles. Ce qui provoque de fréquentes et longues coupures dans les foyers et dans les centres de travail – qui risquent en permanence le blackout. La distribution d’eau potable, la fourniture de médicaments aux hôpitaux, les avancées des laboratoires de recherche, le fonctionnement des écoles et des universités, les denrées alimentaires et les produits d’hygiène, les livraisons de matières premières aux unités de production locales, ainsi que le ramassage des ordures et l’évacuation des eaux usées se trouvent sérieusement perturbés. Tous les secteurs de l’activité économique sont affectés : des transports aux services bancaires, de l’agriculture et l’élevage au tourisme et, pour ce qui est des biens d’exportation, du nickel au tabac. Tout est devenu plus difficile encore qu’« en temps normal », c’est-à-dire dans la vie quotidienne sous embargo que les Cubains connaissent si bien et depuis si longtemps – mais que fort peu de gens dans le monde supporteraient ne serait-ce que quelques jours (ou quelques heures, s’ils vivent dans un pays du Nord). A plusieurs reprises, les administrations étasuniennes successives avaient déjà étendu l’embargo à des domaines pourtant exclus de son périmètre, comme les médicaments et le matériel médical, en interdisant, entre autres, les importations par Cuba d’équipements d’unités pédiatriques, de soins intensifs ou encore d’appareils de dialyse. Mais, depuis le blocus, et sans électricité, que deviennent les prématurés sous couveuse, les personnes âgées sous respirateurs artificiels, les patients ayant des maladies rénales chroniques ? En plus d’être illégal et cruel, ce blocus énergétique, qui se surajoute à l’embargo, est criminel et inhumain. Face à l’acharnement impérialiste, la résistance du peuple cubain et de son gouvernement est admirable. Elle est tout simplement héroïque.
Cette nouvelle agression des États-Unis produit de surcroît un impact délétère sur leur propre population. Mentionnons par exemple l’impossibilité, pour les citoyens étasuniens malades d’Alzheimer bénéficiant de traitements élaborés par les chercheurs cubains (spécialement ceux du Centre d’Immunologie Moléculaire (CIM) qui ont mis au point un médicament efficace, le NeuralCIM), de poursuivre les soins médicaux qu’ils recevaient jusqu’à présent. De plus, près de sept millions de leurs concitoyens aux États-Unis n’ont de fait désormais plus accès à ces traitements venus de Cuba. Cela rappelle le précédent du vaccin Va-MenGOC-BC contre la méningite B, découvert dans les années 1980 par une équipe de chercheurs cubains de l’Institut Findlay de La Havane, et dont l’usage avait été un temps interdit aux États-Unis par l’administration Reagan. Un temps au cours duquel, malheureusement, plusieurs centaines d’enfants étasuniens en bas âge sont morts faute d’avoir pu être vaccinés suffisamment tôt.
A Cuba, le blocus a contraint depuis janvier à déprogrammer de nombreuses opérations chirurgicales, y compris pour des enfants. Des pénuries de toutes sortes bouleversent la vie de millions de personnes, dont beaucoup sont âgées. Les transports publics et routiers se sont considérablement réduits, l’essence étant très strictement rationnée. Pendant plusieurs heures chaque jour et chaque nuit, électricité et eau sont coupées. Maints produits de première nécessité viennent à manquer, et leurs prix se sont envolés. Malgré tout, le peuple cubain continue d’agir comme il sait le faire : par la solidarité concrète, l’entraide généreuse, la résistance collective. Et ses dirigeants continuent de répondre à leur manière, à la fois ferme et sereine, mêlant défense de la souveraineté nationale, réaffirmation de la volonté d’approfondir le processus révolutionnaire et paroles de paix et d’amitié adressées au peuple étasunien. Telle est la façon de faire des Cubains depuis des décennies : appeler à la normalisation des relations entre les deux pays ; offrir des bourses à de jeunes étudiants étasuniens de familles défavorisées ou issues des minorités pour venir poursuivre leurs études sur l’île ; proposer l’envoi de brigades de médecins cubains aux États-Unis quand une catastrophe naturelle frappe leur territoire ; multiplier les missions médicales internationalistes dans le monde, sans la moindre discrimination ; ou bien encore accueillir les enfants irradiés de la catastrophe nucléaire de Tchernobyl, même après que le gouvernement ukrainien post-soviétique a voté, aux côtés des États-Unis, contre la levée de l’embargo à l’Assemblée générale des Nations unies.
Le Mexique est resté fidèle à sa tradition de solidarité à l’égard de Cuba. Quelques jours à peine après l’imposition du blocus, la présidente de la République mexicaine, Claudia Sheinbaum, a annoncé l’envoi d’une aide humanitaire à destination de l’île. Partis de Veracruz, deux navires de soutien logistique de la marine mexicaine, le Papaloapan et le Isla Holbox, sont arrivés à Cuba le 12 février, chargés de 814 tonnes de denrées alimentaires : lait en poudre, haricots, riz, viande, poissons en conserves, huile végétale, biscuits et produits d’hygiène – plusieurs centaines de tonnes d’aide restant à expédier. Le 31 mars dernier, le pétrolier russe Anatoly-Kolodkin, brisant enfin le blocus, a accosté dans le port de Matanzas, à l’est de la capitale cubaine, avec dans sa soute 100 000 tonnes de pétrole brut (l’équivalent de 730 000 barils). Les autorités russes ont aussitôt fait savoir que d’autres bateaux seraient appareillés. Le gouvernement mexicain a annoncé qu’il travaillait au rétablissement des livraisons de pétrole pour Cuba. Les autorités chinoises, quant à elles, ont formulé la volonté d’envoyer 60 000 tonnes de riz et de transférer 80 millions de dollars de matériel électrique, confirmant ainsi les déclarations faites en ce sens par le président Xi Jinping fin janvier 2026. Le 24 mars, 650 volontaires, venus de 33 pays, manifestaient leur solidarité à l’égard de la Révolution en conduisant la flottille « Nuestra America ». Et, le 15 avril dernier, c’est un avion en provenance de Bogotá qui atterrissait sur l’île, avec à son bord des denrées alimentaires et des médicaments envoyés par le gouvernement colombien. Les représentants des institutions de l’ONU présentes à La Havane ont pour leur part regretté ne pas être en mesure de distribuer leurs aides d’urgence en raison des problèmes engendrés par le blocus. Et l’Union européenne ? Eh bien, plus Washington s’enfonce dans l’ignominie, plus la soumission de Bruxelles, lâche et honteuse, vaut complicité des crimes étasuniens. Seule l’Espagne du Premier ministre Pedro Sánchez sauve l’honneur de l’Europe en s’associant au Mexique, au Brésil et à la Colombie pour exiger, le 19 avril, un « dialogue respectueux » avec Cuba.
Bien que défiant ouvertement le blocus, la livraison de pétrole du 31 mars par la Russie – la première depuis la dernière importation (provenant du Venezuela) enregistrée le 9 janvier 2026 –, ne provoqua de la part de D. Trump qu’un lapidaire commentaire : « Aucun problème ! ». Le même D. Trump avait pourtant précédemment affirmé qu’il ne voulait « voir ni la Russie ni la Chine » au Venezuela, sa nouvelle zone d’influence en Amérique latine. Comprenons bien : le problème n’est pas seulement Trump, mais l’administration étasunienne (l’« état profond »), ou plutôt les grands propriétaires des oligopoles de la haute finance qui contrôlent cette administration, en plus de l’essentiel de l’économie du pays et du complexe militaro-industriel ; des propriétaires qui poussent aux guerres ou menaces de guerres parce qu’ils croient y trouver une « solution » (c’est une illusion !) à la crise systémique du capital. Trump est d’ailleurs lui-même le produit des conflits internes à la haute finance et les « incohérences » apparentes de sa politique étrangère traduisent les revirements d’alliances et les recompositions de ses bases républicaines. Quant aux Démocrates, plusieurs de leurs représentants ont certes fermement critiqué l’instauration du blocus énergétique contre Cuba ; mais leurs visées électoralistes sont par trop évidentes. N’oublions pas que c’est un président étasunien démocrate qui décréta l’embargo total de Cuba (John Kennedy en 1962) et qu’aucun de ses successeurs issus du Parti démocrate n’a levé ce même embargo – Barack Obama lui-même n’a pas fermé la prison de Guantánamo, ni restitué les 117,6 km² de territoire occupé à Cuba.
Les États-Unis sont désormais en guerre perpétuelle afin de prolonger la domination de leurs oligopoles financiers, leur contrôle des ressources naturelles à l’échelle planétaire et leur hégémonie sur le système mondial capitaliste grâce à la suprématie du pétrodollar. Il n’est pas étonnant qu’aujourd’hui, ils s’attaquent une fois de plus à la Révolution cubaine et veuille en finir avec l’exemple qu’elle représente pour le monde entier : un exemple de résistance, de courage, d’insoumission, de dignité, de justice, de solidarité. Le pouvoir des idées, contrairement aux réserves monétaires ou de matières premières, est inépuisable. Et les idées que défend cette Révolution sont celles sans lesquelles l’humanité ne serait pas devenue humanité. Assaillie, Cuba, même affaiblie, continue malgré tout de marcher avec l’histoire. Davantage encore que l’embargo avant lui, le blocus énergétique actuel coûte au peuple cubain d’incommensurables sacrifices et lui inflige d’injustifiables souffrances. Il doit impérativement cesser, inconditionnellement et immédiatement. La souveraineté de Cuba n’est pas négociable et le choix de société exprimé par son peuple – qui se réclame toujours du socialisme – doit être respecté. Ce n’est pas le socialisme qui est responsable des problèmes rencontrés sur l’île, mais la guerre non déclarée que lui mène l’impérialisme, et Cuba paie très cher de lui tenir tête. A l’heure présente, la Révolution plie sous les privations et douleurs, mais ne rompt pas. Elle ne se rend pas. Nous lui devons assurément un soutien solidaire, actif et urgent.
Rémy Herrera est chercheur au Centre national de la Recherche scientifique (CNRS) et au laboratoire du Centre d’Economie de la Sorbonne.
Ndlr : Si vous souhaitez soutenir Cuba, vous pouvez participer à la cagnotte de Résistance et solidarité : https://www.helloasso.com/associations/resistance-et-solidarite/collectes/une-breche-dans-le-blocus
Pour plus d’informations, lire :
HERRERA, Rémy (2025), A People’s History of Cuba: 1492-present, New York: Palgrave Macmillan.
– (2017), “For the Respect of the Right of the Cuban People to Decide Its Future”, Written Statement for the United Nations Human Rights Council, 36th session (September 11-29), Geneva. UN reference: A/HRC/36/NGO/15.
– (2010), Les Avancées révolutionnaires en Amérique latine – Des Transitions socialistes au XXIe siècle ?, Lyon: Parangon.
– (2004), “Why Lift the Embargo Against Cuba?”, Monthly Review, vol. 55, n° 8, p. 49-54, New York.
– (2003), “UN: Why Israel Should Vote to Lift the Embargo of the US against Cuba?”, Haaretz, n° 25662, November 4, Tel Aviv.
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